UN FESTIVAL DE CAN !

Paru dans le JAZZOPHONE n° 25  (été 2022)



UN FESTIVAL DE CAN !

Cette formation allemande fut unique : CAN. Elle a fait partie de la scène allemande dénommée
 « krautrock ». C'est avec des groupes comme Popol Vuh, Tangerine Dream, Kraftwerk, Amon Dull
 ou « NEU ! », pour les plus connus, que cette large scène musicale a marqué l'histoire de la musique 
(j'évite le mot « rock »). 

Mais, les musiciens de CAN étaient bien plus perchés, comme l'idée du nom du groupe, pour le C :
 communisme, A pour anarchisme et N pour Nihilisme, tout un programme ! Et, ce afin d'apporter du 
jamais vu et surtout entendu : pari gagné ! Les musiciens sont remarquables, avec aux claviers Irmin
 Schmidt, le guitariste et violoniste Michael Karoli, Holger Czukay est le bassiste, et Jaki Liebezeit
 à la batterie. Ils composent des titres souvent longs, pour beaucoup improvisés sur scène, avec une
 invitation à la transe, une musique hypnotique.

À Paris en 1968, le sculpteur américain Malcolm Mooney rencontre les membres de Can. 
Il s'intègre au groupe, c'est un bon chanteur, mais son instabilité mentale n'arrange rien. 
Résultera de cette collaboration ; le premier 33 tours : « Monster Movie », paru en 1969.
 Un univers étrange, que ces titres rythmés psychédéliques, où Malcom offre un climat inquiétant. 
Mais aussi de la douceur avec la chanson « Mary, Mary so contrary » (sublime !). 
Malcom quitte le groupe fin de l'année 1969, à cause de cette musique (!?) sur les conseils de son 
psychiatre (hum).
Puis, c'est un chanteur de rue tout aussi agité qui les rejoint, Damo Suzuki, enchanté d’être dans un groupe.
 Et, lors des concerts, c’est du pur délire (voir sur la toile) en improvisant le chant... 
Après le départ de Damo (une carrière solo suivra), ils continuent leur musique expérimentale,
 lorgnant toujours vers le psychédélisme (comme Syd Barret/ Pink Floyd, Gong...), 
musique tribale électrique. Leurs albums phares sont « Soundtracks (1970), Tago Mago (1971), 
Ege Bamyasi (1972), Future Days (1973), Soon over Babaluma (1975), Landed (1975)... 
Can a été une inspiration pour bon nombre de groupes : comme pour « The Fall », où le chanteur
 Mark E. Smith déclame subtilement « I am Damo Suziki » ! 
Et aussi belles influences pour des groupes comme : « Radiohead », « PIL », Talking Heads... 
ainsi que pour l’électro, trip hop, ambiant... (Anecdote locale en passant : 
le premier album (officiel) de nos Playboys niçois (1985) est produit par Jean-William Thoury
 dans le studio de Michael Karoli - guitariste et violoniste du groupe CAN - dans un studio à Utelle (06),
 là où il habitait...).




Pour en revenir au groupe, les musiciens ne savaient pas ce qu’ils allaient jouer avant d’être sur scène...
Ce sont des concerts instrumentaux, dès 1975, avec des plages improvisées qui sont proposées sur un
concert à Brighton, et un autre à Stuttgart. Musiques intuitives, soutenues par une rythmique qui claque et 
amène les musiciens ailleurs… Musique voyage pas forcément tranquille, donc déconseillée
aux insomniaques ! Mais CAN reste incontournable; encore plus avec ces concerts inédits...

CAN : « Live in Stuttgart 1975», « Live in Brighton 1975 » (Spoon Records)


https://www.spoonrecords.com

https://www.damosuzuki.com

Jack LALLI
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