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DU JAZZ ET DU ROCK LIBRE, AU BLUES JAZZ ! LE JAZZOPHONE n° 31, été 2025

Articles parus LE JAZZOPHONE n° 31 (été 2025)

 

DU JAZZ ET DU ROCK LIBRE, AU BLUES JAZZ !

Un retour sur le label BYG RECORDS… et présentation d’une chanteuse de talent : JUDITH OWEN !

Pour BYG RECORDS, et son vaste catalogue, je me suis plongé sur :

ARCHIE SHEPP

POEM FOR MALCOM

En 1969, Archie Shepp saxophoniste émérite s’installe en France… Cet album sort de ses tripes. Dans « Mamarose », il évoque sa grand-mère esclave, il décrit l’état actuel de la condition noire aux USA, il enchaîne un texte sur l’assassinat de Malcom X (1965), « Poem for Malcom », discours de colère… Plus musical « Rain Forest-Oleo », une longue suite jazz, qui est poussée par son batteur Philly Joe Jones, Malachi Favors (bass), Graham Moncur III (trombone), Hank Mobley (sax tenor). Du pur free jazz qui se clôt par des instants (presque) mélodiques, comme quoi !

 

SUN RA AND HIS SOLAR – MYTH ARKESTRA

THE SOLAR -MYTH APPROACH (VOL 1 & 2)

(1970-71)

Le plus atypique, hors cadre, c’est bien Sun Ra, musicien, poète et prédicateur, prophète de la vie. Il deviendra une légende vivante ! Il met en avant le moog synthétiseur, après sa rencontre fondamentale avec Bob Moog (1969). Sun Ra ouvre les portes de l’électronique à des musiciens claviéristes comme Herbie Hancock, Chick Corea ou Jan Hammer...

Il propose des chorégraphies uniques avec ses musiciens, danseuses et danseurs. Un jazz futuriste imprégné d’ésotérisme. Des séquences sonores sont parfois proches de la musique contemporaine ! Il recherche des sons, et les développe en boucles répétitives : « Scene 1, Take 1 », « Interpretation » … En grand orchestre fou : « Strange Worlds », après ce maelstrom free jazz, la chanteuse June Tyson énonce : « Strange worlds… strange dreams... dream worlds », l’orchestre reprend la musique et termine magistralement.

(Enregistré à son studio dénommé « Saturne », à New York).

 


 

AME SON

CATALYSE

(1971 - 2025)

Ce groupe français se fait connaître en 1967. Les musiciens sont le batteur-chanteur Marc Blanc, Bernard Lavialle : guitariste (et voix), le bassiste : Patrick Fontaine, François Garrel : voix et flûtiste. Proche de la planète GONG, ils sont amis de Daevid Allen. On sent aussi une grande influence de Soft Machine / Robert Wyatt, et de Syd Barrett / Pink Floyd. D’ailleurs, Marc Blanc et Patrick Fontaine sont sur l’album du groupe de Daevid Allen « Bananamoon » (1971). Ame Son sort du cadre « pop » de la scène Française. Dans des improvisations, les musiciens déballent du rock libre, mêlant du psychédélisme et du jazz, agrémentés de textes en français et en anglais. La flûte apporte une touche très originale à leur musique. Nos Français marquent musicalement ces années-là, égalant le niveau artistique des Anglais style Caravan, Soft Machine ou Jethro Tull ! Replongez vite vos oreilles pour savourer ces musiques, et qu’Ame Son devienne votre âme son musicale pour être « sain d’esprit » !

 

 


https://www.bygrecords.com

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JUDITH OWEN

Judith Owen est une chanteuse compositrice du pays de Galle. Elle s’est installée à la Nouvelle-Orléans. Du swing à fleur de peau, sa voix est un enchantement. Dans l’album « SWINGS CHRISTMAS » (TWANKY RECORDS)

le J.O. Big Band est au top pour ses chansons de Noël délivrées avec feeling. Belle surprise avec un titre plus rock and roll : « Run Rudolph Run » appelle à la danse encore plus. Autre session avec Jason Marsalis (vibraphone) et les Gentlemen Callers : David Torkanowsky (pianiste), Kevin Louis (cornet /trompette) … Moment d’accalmie en plus jazz avec « Sleigh Ride » ou « The Christmas Song ». Chouette rhythm and blues : « Black Door Santa », un bon solo du guitariste Dave Blenkhorn...

Un bien beau cadeau à s’offrir sans hésiter !

Nous retrouvons Judith Owen avec ce super double album en concert « COMES ALIVE » (2 CD, enregistrés au « Marian’s Jazz Room » de Berne en Suisse- 2024). Elle et son groupe s’attaquent à un répertoire jazz et blues issu des chanteuses des années 40/50 comme Julia Lee, Blossom Dearie, Nealie Lutcher. Belles découvertes dans la collection des albums de son père, rangés entre le pianiste Oscar Peterson et le pianiste chanteur Jelly Roll Morton… Pour revenir à ces chanteuses, elles chantaient sur le sexe, plus que l’amour platonique ! C’est ce qui a emballé Judith pour ses choix. Vibrants moments dans cet album en grande formation : de « Lady Be Good », ou « Trouble in Mind » (le très bon guitariste Dave Blenkhorn est égal à lui-même, le pianiste David Torkanowsky mène la danse aussi). Cool « Teach Me Tonight » … Ou une belle adaptation de Johnny Mercer (composée par Hoagy Carmichael) épris de Judy Garland : « Skylark ». Sur le second album : du bon swing blues sur « Caldonia », et « Fever » qui est une excellente fièvre chantée que voilà, titre repris tant de fois (Elvis Presley en fera aussi une perle). Plus rock blues « I Put A Spell On You » (de Screamin' Jay Hawkins). De la bossa nova et du jazz qui s’amourachent délicatement : « How Insensitive » ! On termine sur une chanson de Nellie Lutcher : He's a Real Gone Guy. Un très bon double album live à connaître !

Depuis, elle a été nommée pour le Prix Heritage avec cet album « Comes Alive » … Et côté scène, Judith et son Big Band ont fait impression sur la scène du New Orleans JazzFest (le 27 avril). Elle est passée en Australie en (juin) à Adelaïde, Melbourne et Sidney. Puis, c’est un retour aux USA sur des nouvelles dates américaines à Aspen et San Francisco.

Un nouvel album est prévu l’année 2026. Souhaitons plus que tout de la voir sur scène, enfin, dans le sud de la France !

www.judithowen.net

 

JACK LALLI

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